En résumé :
- Depuis la réforme de 2021, le DPE mesure la consommation d’énergie (étiquette énergie) et les émissions de CO₂ (étiquette climat). L’étiquette finale retient la plus mauvaise des deux.
- Paris est particulièrement exposée aux mauvaises notes DPE en raison de l’ancienneté de son bâti, des contraintes de copropriété et de la protection patrimoniale des façades haussmanniennes.
- Le chauffage est le premier levier à actionner. Son remplacement peut faire gagner une à deux classes sur le DPE. L’isolation thermique, la ventilation, la production d’eau chaude, la régulation et les équipements connectés complètent les six postes à examiner.
- Dans les immeubles haussmanniens, l’isolation par l’extérieur est interdite. L’isolation thermique par l’intérieur (ITI) est la solution de référence, compatible avec les exigences des Architectes des Bâtiments de France.
- Les travaux en copropriété nécessitent un vote en assemblée générale pour les parties communes. Vérifier le règlement de copropriété avant d’engager tout chantier reste une étape non négociable.
- Dans un studio ou un T2 parisien, les postes les plus rentables sont l’isolation des murs froids, le remplacement des menuiseries et la régulation du chauffage. Un audit énergétique préalable permet d’éviter les dépenses sans impact sur l’étiquette.
Qu’est ce que le DPE doit mesurer en priorité dans un appartement parisien ?

La consommation d’énergie
La première composante du DPE est l’étiquette énergie, qui mesure la consommation d’énergie primaire du logement exprimée en kWh/m²/an. Elle prend en compte le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, la ventilation et, dans certains cas, l’éclairage. Plus cette consommation est élevée, plus la note se dégrade.
Depuis la réforme du DPE en 2021, ce calcul repose sur une méthode conventionnelle standardisée, appliquée à tous les logements quel que soit le comportement réel des occupants. Un appartement mal isolé sera mal noté même si son locataire actuel est économe.
Pour un logement classé F, la consommation d’énergie primaire atteint 271 kWh/m²/an. C’est deux à trois fois plus qu’un logement classé C ou D. Cette donnée chiffrée permet de comprendre pourquoi certains appartements parisiens anciens se retrouvent systématiquement en bas du classement, indépendamment de leur prix au mètre carré.
Les émissions de co₂
La seconde composante est l’étiquette climat, qui mesure les émissions de gaz à effet de serre liées au logement, exprimées en kg de CO₂/m²/an. Depuis la réforme de 2021, l’étiquette finale affichée sur le DPE correspond au plus mauvais des deux résultats obtenus entre consommation et émissions.
Cette règle a une implique qu’un appartement chauffé au gaz peut être pénalisé sur l’étiquette climat même si sa consommation en kWh reste modérée. Un logement classé F émet ainsi 52 kg de CO₂/m²/an, un niveau qui déclenche désormais des restrictions réglementaires sur la mise en location.
Pour un propriétaire qui cherche à améliorer son étiquette, il faut aussi regarder le type d’énergie utilisé. Remplacer une chaudière gaz vétuste par un système moins émetteur peut faire gagner des classes sur l’étiquette climat sans toucher à l’isolation.
| Classe | Énergie primaire (kWh/m²/an) | Émissions de CO₂ (kg/m²/an) | Statut locatif |
| A | ≤ 70 | ≤ 6 | Aucune restriction |
| B | 71 à 110 | 7 à 11 | Aucune restriction |
| C | 111 à 180 | 12 à 30 | Aucune restriction |
| D | 181 à 250 | 31 à 50 | Aucune restriction |
| E | 251 à 330 | 51 à 70 | Interdiction de location dès 2034 |
| F | 331 à 420 | 71 à 100 | Interdiction de location depuis 2028 |
| G | > 420 | > 100 | Interdiction de location depuis 2025 |
pourquoi le parc parisien est particulièrement exposé aux mauvaises notes ?
Paris figure parmi les territoires où la part de passoires thermiques (logements classés F ou G) est la plus élevée de France, au même titre que certains départements ruraux et montagneux. Ce résultat peut surprendre pour une ville aussi dense et aussi chère, mais il s’explique par des caractéristiques structurelles bien identifiées.
Le parc immobilier parisien est majoritairement constitué d’immeubles anciens, construits avant les premières réglementations thermiques. Les murs en pierre, les planchers en bois, les fenêtres à simple vitrage et les systèmes de chauffage collectifs vieillissants forment une combinaison défavorable pour l’étiquette énergie.
À cela s’ajoutent les contraintes propres à la copropriété et, dans de nombreux arrondissements, la protection patrimoniale des façades qui limite les solutions d’isolation par l’extérieur. Le parc parisien cumule l’ancienneté du bâti et les restrictions d’intervention, ce qui rend chaque décision de rénovation plus complexe qu’ailleurs.
Quels sont les 6 leviers qui font vraiment bouger l’étiquette de votre dpe

l’isolation thermique grâce aux murs, aux fenêtres, aux planchers et aux combles
L’isolation thermique est le levier le plus structurant pour améliorer la performance énergétique d’un appartement. Elle agit directement sur les déperditions de chaleur, c’est-à-dire sur l’énergie perdue avant même d’être utilisée pour chauffer le logement.
Les postes à traiter en priorité varient selon la configuration du bien :
- Les murs donnant sur l’extérieur : souvent la principale source de déperdition dans les immeubles anciens parisiens, à traiter par isolation thermique par l’intérieur (ITI) lorsque l’isolation par l’extérieur est impossible ;
- Les fenêtres et menuiseries : le remplacement par du double ou triple vitrage réduit les ponts thermiques au niveau des ouvertures et améliore également le confort acoustique ;
- Les planchers bas : lorsque l’appartement est situé au-dessus d’un local non chauffé (cave, parking, local commun), l’isolation du plancher peut représenter un gain significatif ;
- Les combles : pertinents uniquement pour les appartements situés sous les toits, mais dans ce cas, le potentiel d’amélioration est souvent très élevé.
Dans un appartement parisien, l’isolation reste contrainte par la surface disponible. Chaque centimètre d’isolant posé sur les murs intérieurs réduit légèrement la surface habitable. Choisir un isolant à haute performance thermique permet de limiter cette perte tout en atteignant un résultat significatif sur l’étiquette énergie.
le système de chauffage
Le poste de chauffage est le premier facteur de l’étiquette énergie dans la grande majorité des logements. Son remplacement ou son amélioration peut à lui seul faire gagner une à deux classes sur le DPE, selon le système remplacé et la solution retenue.
Les systèmes de chauffage au fioul ou au gaz vétuste génèrent à la fois une forte consommation en kWh et des émissions élevées de CO₂. Passer à une pompe à chaleur air/eau ou air/air, lorsque la configuration de l’appartement le permet, permet d’agir simultanément sur les deux étiquettes.
Dans les copropriétés parisiennes avec chauffage collectif, le propriétaire individuel n’a pas la main sur le système central. Il peut toutefois agir sur les émetteurs (radiateurs thermostatiques, robinets thermostatiques) et, si le règlement de copropriété l’autorise, demander un comptage individuel de la consommation. Les gains restent plus limités que dans un appartement avec chauffage individuel, mais ils existent.
la production d’eau chaude
La production d’eau chaude sanitaire représente une part non négligeable de la consommation d’énergie primaire d’un logement, en particulier lorsque le chauffe-eau électrique est ancien ou surdimensionné.
Remplacer un chauffe-eau électrique à accumulation vétuste par un chauffe-eau thermodynamique permet de diviser significativement la consommation liée à ce poste. Ce type d’équipement fonctionne comme une petite pompe à chaleur. Il prélève la chaleur dans l’air ambiant pour chauffer l’eau, ce qui le rend bien plus économe qu’une résistance électrique classique.
Dans un studio ou un T2 parisien, où les contraintes d’espace sont réelles, il existe des modèles compacts adaptés aux petites surfaces. La faisabilité dépend toutefois de la configuration de la salle de bains ou du couloir technique (à vérifier selon la surface et la hauteur sous plafond disponibles).
la ventilation avec le renouvellement d’air
La ventilation est le levier le plus fréquemment oublié, alors qu’il joue un rôle double dans le DPE. En effet, une ventilation mal calibrée génère des pertes de chaleur par renouvellement d’air excessif, et une ventilation insuffisante crée des problèmes d’humidité qui dégradent les performances thermiques de l’isolant.
Dans les appartements anciens, la ventilation naturelle par les grilles de façade ou les conduits de tirage est souvent défaillante ou non contrôlée. Installer une VMC hygro-réglable de type B permet d’adapter automatiquement le débit d’air en fonction du taux d’humidité dans chaque pièce. Le renouvellement d’air est ainsi suffisant pour garantir la qualité de l’air intérieur, sans extraire inutilement de la chaleur.
Ce type d’installation est compatible avec la majorité des appartements en copropriété, à condition que les conduits existants puissent être réutilisés (à vérifier selon la configuration de l’immeuble).
la régulation
La régulation du chauffage est un levier d’amélioration souvent accessible sans travaux lourds. Elle consiste à mieux piloter la production de chaleur pour éviter les surconsommations liées à des températures trop élevées ou à des plages de chauffe inadaptées.
Poser des robinets thermostatiques sur chaque radiateur permet d’ajuster la température pièce par pièce, en ne chauffant que les espaces occupés. C’est une intervention peu intrusive, compatible avec la quasi-totalité des installations existantes et qui peut améliorer la note du DPE à condition que le diagnostiqueur intègre ce paramètre dans son calcul.
Enfin, un thermostat programmable ou connecté réduit automatiquement la température la nuit ou en l’absence des occupants. L’impact sur l’étiquette énergie dépend de la méthode de calcul retenue par le diagnostiqueur, mais l’effet sur la facture réelle est immédiat.
les équipements intelligents
Les équipements intelligents forment le sixième levier, complémentaire des précédents. Ils n’améliorent pas directement l’enveloppe thermique du logement, mais ils permettent d’optimiser le fonctionnement des installations existantes en réduisant les gaspillages.
Un thermostat connecté avec apprentissage peut ajuster automatiquement les plages de chauffe en fonction des habitudes d’occupation et des conditions météorologiques extérieures. Les têtes thermostatiques connectées, placées sur chaque radiateur, offrent un contrôle plus fin que les modèles classiques et peuvent être pilotées depuis un smartphone.
Ces solutions sont particulièrement adaptées aux profils pressés ou en mobilité fréquente. De fait, un appartement qui reste chauffé à 20 °C pendant une semaine d’absence représente une consommation inutile qui pèse sur l’étiquette énergie. L’impact de ces équipements sur le DPE reste conditionné à la façon dont le diagnostiqueur les prend en compte lors du calcul, ce qui peut varier selon les outils utilisés.
| Levier | Gain potentiel sur la classe DPE | Vote en AG requis |
| Isolation thermique | 1 à 2 classes en intérieur, jusqu’à 3 par l’extérieur | Oui, pour la façade extérieure |
| Chauffage | 1 à 2 classes en moyenne | Oui, si chauffage collectif |
| Eau chaude sanitaire | Gain complémentaire, non isolé en classes | Non |
| Ventilation | Gain complémentaire, selon la configuration | Oui, si conduits communs |
| Régulation | Gain marginal sur la note, effet immédiat sur la facture | Non |
| Équipements connectés | Variable selon la prise en compte du diagnostiqueur | Non |
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Quelles sont les contraintes spécifiques aux appartements parisiens
Quelles sont les limites imposées par le règlement de copropriété
Dans un immeuble en copropriété, certains travaux relèvent des parties communes et ne peuvent pas être décidés par un seul propriétaire. L’isolation de la façade extérieure, le remplacement du système de chauffage collectif ou la modification des conduits de ventilation passent obligatoirement par un vote en assemblée générale (AG).
Une décision d’amélioration énergétique peut exiger la majorité absolue des copropriétaires, parfois plus. L’accord préalable de l’AG est obligatoire avant d’engager tout chantier touchant aux parties communes ou à l’aspect extérieur de l’immeuble.
Certains règlements de copropriété contiennent également des clauses restrictives sur les modifications autorisées dans les parties privatives, notamment en ce qui concerne les fenêtres, les radiateurs ou les systèmes de ventilation individuels. Avant d’engager un diagnostic ou de consulter un artisan, il est utile de relire le règlement de copropriété et, si nécessaire, de solliciter l’avis du syndic sur la faisabilité des travaux envisagés (à vérifier selon le règlement propre à votre immeuble).
les façades classées et les immeubles haussmanniens

Paris concentre un nombre important d’immeubles haussmanniens dont les façades sont protégées au titre du patrimoine architectural. Pour ces bâtiments, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) est interdite.
Par exemple, poser des matériaux isolants sur la façade modifierait l’aspect visuel de l’immeuble, ce qui est incompatible avec les prescriptions des Architectes des Bâtiments de France (ABF).
Face à cette interdiction, la solution la plus courante reste l’isolation thermique par l’intérieur (ITI). Elle consiste à fixer des panneaux isolants sur la face interne des murs donnant sur l’extérieur, sans toucher à la façade. Cette approche préserve l’esthétique extérieure et reste compatible avec les exigences des Architectes des Bâtiments de France .
L’ITI présente un inconvénient notable dans les petits appartements parisiens car elle réduit la surface habitable de quelques centimètres par mur traité. Dans un studio de 18 m², traiter deux murs extérieurs peut représenter une perte visible. Le choix de l’épaisseur d’isolant doit donc résulter d’un arbitrage entre le gain thermique visé et la surface conservée, à évaluer avec un professionnel.
Pour les travaux touchant à des éléments visibles depuis l’extérieur, même dans les parties privatives, une déclaration préalable de travaux auprès de la mairie peut être requise. Les prescriptions varient selon l’arrondissement et le périmètre de protection concerné (à vérifier selon la situation précise de votre immeuble).
Point de vigilance : Dans les immeubles haussmanniens, l’isolation par l’extérieur est interdite. Toute demande de devis pour une isolation de façade doit d’abord passer par une vérification auprès du syndic et de la mairie. Engager un artisan sans cette étape expose à un refus de travaux ou à une obligation de remise en état, parfois coûteuse. La consultation d’un Architecte des Bâtiments de France peut être requise selon l’arrondissement.
Quels travaux sont rentables auprès des petites surfaces (studios, t2) ?

Dans un studio ou un T2 parisien, tous les travaux ne présentent pas le même rapport entre coût, gain sur l’étiquette énergie et pertinence pratique. L’enjeu est de cibler les postes qui améliorent réellement le diagnostic sans engager des dépenses disproportionnées au regard de la surface.
Les travaux les plus adaptés aux petites surfaces sont généralement :
- L’isolation des murs froids : souvent un seul ou deux murs donnent directement sur l’extérieur dans un appartement parisien, les traiter en ITI produit un effet concentré et mesurable ;
- Le remplacement des menuiseries : dans un studio, une ou deux fenêtres constituent parfois la quasi-totalité des ouvertures, passer au double vitrage renforcé représente un investissement ciblé avec un impact réel sur le diagnostic ;
- La régulation du chauffage : robinets thermostatiques et thermostat programmable s’installent sans travaux lourds et sont particulièrement rentables dans des logements peu occupés en journée.
À l’inverse, certains chantiers sont moins adaptés. On peut penser à l’installation d’une VMC hygro-réglable or, cela suppose des conduits existants utilisables, ce qui n’est pas toujours le cas dans les immeubles anciens sans gaine technique.
Un chauffe-eau thermodynamique nécessite un volume d’air suffisant autour de lui pour fonctionner correctement, ce qui peut être problématique dans une salle de bains de 3 m².
Choisir les bons travaux dans un petit appartement parisien suppose d’évaluer d’abord la configuration du bâti, pas de suivre une liste générique. Un audit énergétique préalable, même simplifié, permet d’identifier les postes prioritaires sans investir à l’aveugle.
Bon à savoir : Chez May Home, nous savons que la qualité du logement ne se résume pas à son étiquette DPE. Notre formule Diamond inclut un accompagnement à l’état des lieux d’entrée qui est un moment clé pour vérifier l’isolation des menuiseries, l’état des radiateurs et la ventilation. Ces points, souvent négligés à la signature, peuvent peser lourd sur la facture énergétique réelle dès le premier hiver.
Sources utilisées
– URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/le-parc-de-logements-par-classe-de-performance-energetique-au-1er-janvier-2025
– URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/sites/default/files/2022-07/document_travail_60_parc_logements_dpe_juillet2022.pdf
– URL : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-energetique-dpe
– URL : https://www.construction21.org/france/articles/h/renovation-energetique-des-immeubles-haussmanniens-a-paris-defis-et-solutions.html