Comprendre ce contrat souple, savoir quand le signer en toute sécurité et identifier les pièges à éviter en tant que locataire.
Vous cherchez un appartement à Paris, Lyon ou Bordeaux et vous avez vu apparaître la mention « bail Code civil » ou « bail résidence secondaire » dans une annonce ? Ce type de contrat, longtemps réservé aux maisons de vacances, refait surface sur le marché locatif tendu. Plus souple qu’un bail classique, il est régi par le Code civil et non par la loi du 6 juillet 1989. Il offre une vraie liberté contractuelle, utile pour les pieds-à-terre professionnels, les étudiants en double résidence ou les Français de retour d’expatriation.
Mais cette flexibilité a deux faces : elle peut parfaitement convenir à votre situation, ou au contraire vous priver de protections essentielles si elle est mal utilisée. Ce guide vous explique précisément quand ce bail est légitime, ce qu’il garantit, ce qu’il exclut, et comment le signer en toute sérénité.

Qu’est-ce qu’un bail de résidence secondaire ?
Le bail de résidence secondaire, aussi appelé bail Code civil, bail civil ou bail de droit commun, est un contrat de location qui ne relève pas de la loi du 6 juillet 1989 encadrant les baux d’habitation classiques. Il est régi par les articles 1708 et suivants du Code civil, qui posent les principes généraux du contrat de louage.
Concrètement, ce bail s’applique lorsque le logement n’est pas la résidence principale du locataire. La règle de référence est celle des huit mois : un logement occupé moins de huit mois par an par son occupant relève d’un usage secondaire. Au-delà, on bascule automatiquement dans le régime protecteur de la loi de 1989, quel que soit l’intitulé du contrat.
1. Plusieurs appellations, un seul régime
Dans les annonces immobilières et chez les avocats spécialisés, vous croiserez plusieurs termes qui désignent en réalité le même contrat :
- Bail résidence secondaire
- Bail Code civil ou bail civil
- Bail de droit commun
- Bail à usage de résidence secondaire
Tous renvoient à la même logique : un contrat dont les clauses sont librement négociées entre le propriétaire et le locataire, dans les limites du droit commun des obligations.
2. Le critère qui compte : l’occupation réelle, pas l’intitulé
Point fondamental, souvent ignoré : ce qui détermine le régime applicable, ce n’est pas le titre écrit en haut du contrat, mais l’usage effectif du logement. Si vous signez un « bail résidence secondaire » mais que vous y vivez douze mois sur douze, sans autre adresse stable, un juge peut requalifier le contrat en bail d’habitation principal. Nous y reviendrons dans la section dédiée aux risques de requalification.
Bail civil, bail loi 1989, bail mobilité : le tableau comparatif
Pour bien mesurer ce que vous gagnez et ce que vous perdez en signant un bail de résidence secondaire, voici une comparaison synthétique avec les deux autres baux d’habitation les plus courants. Le bail mobilité et le bail société sont d’ailleurs souvent confondus avec le bail civil.
| Critère | Bail résidence secondaire (Code civil) | Bail loi 1989 (résidence principale) | Bail mobilité |
|---|---|---|---|
| Régime juridique | Articles 1708 et suivants du Code civil | Loi du 6 juillet 1989 | Loi ELAN de 2018 |
| Durée du bail | Librement fixée par les parties | 3 ans (vide) ou 1 an (meublé) | 1 à 10 mois, non renouvelable |
| Loyer | Libre, hors encadrement | Encadrement en zone tendue | Libre, hors encadrement |
| Dépôt de garantie | Librement négocié | 1 mois (vide) ou 2 mois (meublé) | Interdit |
| Préavis locataire | Fixé au contrat | 1 à 3 mois selon zone | 1 mois |
| Congé bailleur | Selon le contrat, sans motif obligatoire | Reprise, vente ou motif sérieux | Impossible avant l’échéance |
| Renouvellement tacite | Selon clause contractuelle | Automatique | Aucun |
Ce tableau illustre la logique du bail civil : tout repose sur la négociation entre les parties. C’est sa force quand le contrat est bien rédigé. C’est aussi sa fragilité quand le locataire signe sans relire chaque clause.
Dans quels cas signer un bail de résidence secondaire ?
Le bail de résidence secondaire a une vraie utilité dans plusieurs situations bien identifiées. Voici les cas où il correspond réellement à votre besoin.
1. Le pied-à-terre professionnel
Vous êtes cadre, dirigeant ou consultant, et vous travaillez plusieurs jours par semaine dans une autre ville que votre domicile principal. Un appartement loué en bail civil vous permet de garder votre résidence principale ailleurs (souvent en province ou en banlieue) tout en disposant d’un point de chute fiable près de votre bureau. Une mutation professionnelle temporaire entre aussi typiquement dans ce cadre.
2. L’étudiant en double résidence
Les étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents et qui rentrent régulièrement chez eux (week-ends, vacances scolaires) peuvent légitimement louer un studio ou un T1 en bail civil. C’est encore plus pertinent quand le logement principal de l’étudiant reste celui de ses parents et que la chambre louée ne sert que pendant l’année universitaire.
3. L’expatrié de retour ponctuel
Un Français expatrié qui revient régulièrement en France pour son travail, sa famille ou ses démarches administratives a tout intérêt à signer un bail civil. Sa résidence fiscale est à l’étranger, et le logement français sert d’ancrage occasionnel. C’est une situation fréquente parmi les profils que nous accompagnons.
4. La double résidence familiale
Couples séparés professionnellement, parents en garde alternée à distance, propriétaires d’un bien à la campagne qui louent un appartement parisien : la double résidence n’a rien d’exceptionnel. Le bail civil offre ici la souplesse nécessaire pour aligner le contrat sur un usage réel mais partiel.
Les mentions essentielles du contrat
Aucune trame légale n’est imposée pour un bail de résidence secondaire, mais la rigueur de rédaction reste indispensable pour sécuriser la relation. Voici les éléments à exiger systématiquement dans votre contrat :
- Identité complète des parties (bailleur et locataire), avec adresses fiscales
Qualification explicite du bail : la mention « bail à usage de résidence secondaire » doit apparaître
Description précise du logement : adresse, superficie, nombre de pièces, équipements, état général
Durée du contrat et éventuelle clause de renouvellement (ou son absence)
Montant du loyer, charges, modalités de paiement et clause de révision
Dépôt de garantie : montant et conditions de restitution
Conditions de résiliation : préavis applicables à chaque partie
Clauses spécifiques : usage exclusivement résidentiel, interdiction de sous-location, autorisation d'animaux, etc.
Annexes obligatoires : diagnostics techniques (DPE, plomb, amiante selon le logement) et état des lieux
- Identité complète des parties (bailleur et locataire), avec adresses fiscales
- Qualification explicite du bail : la mention « bail à usage de résidence secondaire » doit apparaître
- Description précise du logement : adresse, superficie, nombre de pièces, équipements, état général
- Durée du contrat et éventuelle clause de renouvellement (ou son absence)
- Montant du loyer, charges, modalités de paiement et clause de révision
- Dépôt de garantie : montant et conditions de restitution
- Conditions de résiliation : préavis applicables à chaque partie
- Clauses spécifiques : usage exclusivement résidentiel, interdiction de sous-location, autorisation d'animaux, etc.
- Annexes obligatoires : diagnostics techniques (DPE, plomb, amiante selon le logement) et état des lieux
L’état des lieux d’entrée reste indispensable, même en bail civil : c’est lui qui conditionne la restitution du dépôt de garantie en fin de bail.
Obligations du bailleur et du locataire
Même hors du cadre strict de la loi de 1989, le Code civil impose à chaque partie des obligations précises.
1. Du côté du bailleur
- Délivrer un logement conforme à l'usage prévu, en bon état de réparations
Garantir au locataire la jouissance paisible du bien
Prendre en charge les grosses réparations et les défauts non imputables au locataire
Souscrire une assurance Propriétaire Non Occupant (PNO), fortement recommandée
Respecter le préavis prévu au contrat en cas de résiliation
- Délivrer un logement conforme à l'usage prévu, en bon état de réparations
- Garantir au locataire la jouissance paisible du bien
- Prendre en charge les grosses réparations et les défauts non imputables au locataire
- Souscrire une assurance Propriétaire Non Occupant (PNO), fortement recommandée
- Respecter le préavis prévu au contrat en cas de résiliation
2. Du côté du locataire
- Payer le loyer et les charges aux échéances convenues
Utiliser le logement paisiblement, sans nuisance pour le voisinage
Assurer l'entretien courant (joints, petits travaux, ménage)
Souscrire une assurance multirisques habitation, même pour un usage occasionnel
Restituer le logement en bon état à la sortie
- Payer le loyer et les charges aux échéances convenues
- Utiliser le logement paisiblement, sans nuisance pour le voisinage
- Assurer l'entretien courant (joints, petits travaux, ménage)
- Souscrire une assurance multirisques habitation, même pour un usage occasionnel
- Restituer le logement en bon état à la sortie
À lire aussi : Quels documents inclure dans votre dossier de location ? Notre guide complet pour préparer un dossier solide, y compris pour un bail civil.
Attention au risque de requalification
Voici le point le plus important pour un locataire qui s’apprête à signer un bail Code civil. Ces dernières années, certains bailleurs ont multiplié les baux « résidence secondaire » pour échapper à l’encadrement des loyers, notamment à Paris. Cette pratique inquiète les pouvoirs publics : en 2026, le député Emmanuel Grégoire, alors député de Paris, aujourd’hui maire de la capitale, a interpellé le ministre du Logement sur l’usage croissant de ces baux dans la capitale et leur impact sur l’efficacité du dispositif d’encadrement.
1. Quand un juge requalifie le bail
Si vous signez un bail de résidence secondaire mais que vous occupez en réalité le logement à titre de résidence principale (plus de huit mois par an, aucune autre adresse stable, factures et adresse fiscale au logement loué), le juge peut requalifier le contrat. La forme cède devant la réalité.
La requalification entraîne automatiquement l’application de la loi du 6 juillet 1989, avec toutes ses protections :
- Durée minimale du bail rétablie à 3 ans (vide) ou 1 an (meublé)
Dépôt de garantie ramené à 1 ou 2 mois maximum
Loyer recalculé selon l'encadrement en zone tendue, avec remboursement éventuel du trop-perçu
Congé du bailleur soumis aux motifs encadrés (reprise, vente, motif sérieux)
Droit de préemption du locataire en cas de vente du logement
- Durée minimale du bail rétablie à 3 ans (vide) ou 1 an (meublé)
- Dépôt de garantie ramené à 1 ou 2 mois maximum
- Loyer recalculé selon l'encadrement en zone tendue, avec remboursement éventuel du trop-perçu
- Congé du bailleur soumis aux motifs encadrés (reprise, vente, motif sérieux)
- Droit de préemption du locataire en cas de vente du logement
2. Comment se prémunir avant de signer
La règle est simple : signez un bail Code civil uniquement si votre situation correspond réellement à un usage secondaire. Si on vous propose ce contrat alors que vous comptez vivre dans le logement à temps plein, sans autre résidence ailleurs, demandez expressément un bail loi 1989. La pression du marché ne justifie pas de renoncer à ses protections. Si vous avez un doute sur la légalité du loyer demandé, notre article sur le loyer illégal à Paris vous donne les bons réflexes.
Fiscalité : qui paie quoi ?
La fiscalité d’un bail de résidence secondaire diffère sensiblement de celle d’une résidence principale, tant pour le bailleur que pour le locataire.
1. Pour le bailleur
Le propriétaire reste redevable de la taxe foncière, comme pour toute location. Les revenus locatifs sont déclarés en revenus fonciers (location nue) ou en bénéfices industriels et commerciaux (location meublée). En cas de revente, le bien ne bénéficie pas de l’exonération de plus-value réservée à la résidence principale du vendeur.
2. Pour le locataire
Le locataire d’une résidence secondaire reste redevable de la taxe d’habitation, qui a été supprimée pour les résidences principales mais maintenue pour les résidences secondaires. En zone tendue, certaines communes appliquent une majoration pouvant atteindre 60 %. Paris, Lyon, Bordeaux et de nombreuses autres villes touristiques sont concernées.
Autre point essentiel : le locataire d’une résidence secondaire ne peut pas prétendre aux aides au logement (APL, ALS, ALF). Ces aides sont réservées à la résidence principale. À anticiper dans votre budget global avant de signer.
Résilier un bail de résidence secondaire
La résiliation suit avant tout ce que prévoit le contrat. La loi de 1989, qui impose des préavis fixes et des motifs encadrés, ne s’applique pas ici. C’est une bonne nouvelle pour la souplesse, mais cela suppose d’avoir bien négocié les clauses en amont.
1. Côté locataire
Le locataire peut quitter le logement à tout moment, en respectant le préavis prévu au contrat. Ce préavis est généralement d’un mois, parfois plus court selon ce qui a été négocié. La résiliation se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre récépissé.
2. Côté bailleur
Le bailleur peut donner congé à l’échéance du bail, sans avoir à justifier d’un motif (reprise, vente, motif sérieux). Le préavis est celui prévu au contrat, généralement de trois mois. La résiliation anticipée en cours de bail n’est en revanche possible que dans les cas prévus par les clauses (impayés, manquements graves).
3. En cas d’impayés
Le bailleur peut agir en justice dès les premiers impayés sur le fondement des articles 1217 et 1224 du Code civil. Particularité importante : la trêve hivernale ne s’applique pas aux baux de résidence secondaire. C’est l’une des protections majeures auxquelles le locataire renonce en signant ce contrat.
Nos conseils pour signer en toute sérénité
Le bail de résidence secondaire est un outil juridique fiable quand il correspond réellement à votre situation. Voici notre méthode pour vous engager en toute confiance :
- Vérifiez que votre usage du logement est bien occasionnel ou partiel (moins de huit mois par an)
- Refusez le bail civil si vous comptez vivre dans le logement à temps plein, sans autre adresse stable
- Exigez la mention écrite « bail à usage de résidence secondaire » dans le contrat
- Lisez chaque clause, notamment la durée, le préavis et les conditions de résiliation
- Faites relire le contrat par un professionnel (avocat, ADIL, chasseur immobilier) en cas de doute
- Conservez les preuves de votre résidence principale ailleurs (avis d’imposition, factures, justificatifs)
- Réalisez un état des lieux d’entrée détaillé, photos à l’appui
- Anticipez les frais fiscaux : taxe d’habitation, éventuelle majoration en zone tendue, absence d’APL
En conclusion
Le bail de résidence secondaire offre une vraie souplesse pour les pieds-à-terre professionnels, les étudiants en double résidence et les Français de retour ponctuel. Régi par le Code civil, il laisse aux parties la liberté de négocier durée, loyer, préavis et conditions de résiliation. Cette liberté impose en contrepartie une rigueur de rédaction et une vigilance accrue côté locataire, notamment sur les marchés tendus comme Paris ou Lyon où certains bailleurs détournent ce contrat pour contourner l’encadrement des loyers.
Avant de signer, posez-vous une question simple : ce logement va-t-il être votre résidence principale ou un usage secondaire authentique ? La réponse détermine le bon contrat. En cas de doute, mieux vaut être accompagné.
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