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Nouvelles mesures pour les locations touristiques à Paris en 2026
Chaque année, des milliers de logements parisiens échappent au marché locatif classique pour être proposés en location touristique sur des plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel. Ce phénomène aggrave une tension déjà forte sur le parc résidentiel, notamment pour les étudiants, les jeunes actifs et les familles qui peinent à trouver un appartement à louer dans la capitale.
Face à cette situation, Paris applique désormais l’une des réglementations les plus strictes d’Europe en matière de meublés de tourisme. La loi Le Meur, adoptée en novembre 2024, a considérablement renforcé les outils de contrôle à disposition des communes. En 2026, plusieurs mesures entrent concrètement en application : nouveau téléservice national d’enregistrement, exigences énergétiques accrues, fiscalité durcie et sanctions alourdies.
Que vous soyez locataire à la recherche d’un appartement, propriétaire bailleur ou simplement curieux de comprendre les nouvelles règles du jeu, cet article fait le point complet sur la réglementation applicable aux locations touristiques à Paris.
Pourquoi Paris durcit l'encadrement des locations touristiques?
La multiplication des meublés de tourisme a profondément déséquilibré le marché locatif parisien. Selon les estimations de la Ville de Paris, environ 25 000 logements seraient loués illégalement sur les plateformes de réservation, représentant un manque à gagner considérable pour le parc résidentiel.
Les conséquences sont concrètes pour les locataires :
- Raréfaction de l’offre : dans certains arrondissements, le nombre d’annonces de locations longue durée a chuté de 30 à 50 % en quelques années, en partie à cause de la concurrence des locations saisonnières.
- Hausse des loyers : la réduction de l’offre disponible alimente mécaniquement la tension sur les prix, même dans un contexte d’encadrement des loyers.
- Concurrence accrue entre candidats : les biens disponibles partent en quelques heures, obligeant les locataires à constituer des dossiers ultra-compétitifs et à multiplier les visites.
La politique de la Ville de Paris vise donc à limiter la transformation de logements en hébergements touristiques, notamment dans les arrondissements les plus tendus, afin de restituer des logements au marché résidentiel.
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La loi Le Meur : le cadre législatif de référence
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, constitue la réforme la plus importante du secteur des meublés de tourisme depuis plusieurs années. Portée par la députée Annaïg Le Meur, elle répond à une pression croissante des élus locaux, des associations de locataires et des professionnels de l’immobilier.
Son objectif est clair : rééquilibrer le marché immobilier en redonnant la priorité au logement permanent, sans pour autant interdire la location touristique. Pour y parvenir, la loi s’articule autour de plusieurs axes :
- Généralisation de l’enregistrement obligatoire des meublés de tourisme sur l’ensemble du territoire
- Renforcement des pouvoirs de contrôle et de sanction des communes
- Introduction d’exigences de performance énergétique (DPE) pour les meublés touristique
- Modification de la fiscalité applicable aux loueurs en meublé
- Simplification du processus d’interdiction en copropriété
En 2026, une partie majeure de ces mesures entre concrètement en application, faisant de cette année un tournant pour les propriétaires comme pour les locataires.
Les règles applicables aux résidences principales
1. La limite de 90 jours à Paris
À l’échelle nationale, un propriétaire peut louer sa résidence principale en meublé touristique dans la limite de 120 jours par année civile. Cependant, la loi Le Meur permet aux communes de réduire ce plafond à 90 jours par délibération du conseil municipal.
Paris a activé ce levier : la limite est fixée à 90 jours par an dans la capitale. Au-delà de cette durée, la location est interdite sauf obtention d’une autorisation de changement d’usage.
Précision importante : cette restriction ne concerne que la location de la résidence principale dans sa totalité. Si vous louez une chambre dans votre logement tout en continuant à y habiter, cette réglementation ne s’applique pas. Le bail mobilité, quant à lui, n’entre pas dans le décompte des 90 jours.
Le décompte est automatisé : les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) sont tenues de bloquer les annonces lorsque le seuil autorisé est atteint pour les résidences principales déclarées.
2. L'enregistrement obligatoire et le téléservice national
Depuis 2017, tout logement proposé en location meublée touristique à Paris doit être enregistré auprès de la mairie. Un numéro d’enregistrement à 13 chiffres est délivré et doit impérativement figurer sur chaque annonce en ligne.
La loi Le Meur va plus loin en généralisant cette obligation à l’ensemble du territoire français. Un téléservice national unique doit être mis en place au plus tard le 20 mai 2026. Ce portail centralisé permettra :
- Une procédure d’enregistrement uniformisée pour tous les loueurs
- La fourniture de pièces justificatives (notamment la preuve de résidence principale via l’avis d’imposition)
- Un croisement automatisé des données entre plateformes, déclarations fiscales et registres d’enregistrement
- Un contrôle renforcé par les services municipaux
Ce dispositif représente un changement majeur : les fausses déclarations de résidence principale, jusqu’ici difficiles à détecter, deviendront beaucoup plus aisément identifiables.
Résidences secondaires : le mécanisme de compensation
1. L'autorisation de changement d'usage
Pour une résidence secondaire, la situation est radicalement différente. Un propriétaire souhaitant louer son bien en meublé touristique à Paris doit obtenir une autorisation de changement d’usage temporaire auprès de la mairie.
Cette autorisation est conditionnée à un mécanisme de compensation : le propriétaire doit transformer une surface commerciale équivalente en logement, dans le même arrondissement. L’objectif est simple : chaque mètre carré retiré du parc résidentiel pour de la location touristique doit être compensé par un mètre carré rendu à l’habitation.
2. Le coût des titres de commercialité
| Zone | Coût au m² | Exemple pour un 30 m² |
|---|---|---|
| Arrondissements centraux (1er – 6e) | 400 à 500 €/m² | 12 000 à 15 000 € |
| Arrondissements intermédiaires (7e – 12e) | 300 à 400 €/m² | 9 000 à 12 000 € |
| Arrondissements périphériques (13e – 20e) | 250 à 350 €/m² | 7 500 à 10 500 € |
DPE et performance énergétique : les nouvelles exigences
C’est l’une des grandes nouveautés introduites par la loi Le Meur : les meublés de tourisme sont désormais soumis aux mêmes exigences de performance énergétique que les locations longue durée. Comme le rappelle le guide pratique du ministère de la Transition écologique, cette mesure met fin à une anomalie qui permettait à des logements énergivores, interdits de location classique, d’être « recyclés » en locations touristiques.
1. Le calendrier progressif
| Échéance | DPE minimum requis | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Depuis 2025 | Classe F | Nouvelles locations en zone tendue avec changement d'usage |
| 2028 | Classe E | Nouvelles locations en zone tendue avec changement d'usage |
| 2034 | Classe D | Tous les meublés de tourisme (existants et nouveaux) |
2. Les sanctions en cas de non-conformité énergétique
Le non-respect de ces normes thermiques expose à des conséquences concrètes :
- Amende administrative pouvant atteindre 5 000 € par logement non conforme
- Astreinte de 100 € par jour en cas de non-transmission du DPE à la mairie sur demande
- Suspension possible de l’activité locative sur les plateformes et retrait du numéro d’enregistrement
Fiscalité : ce qui change pour les loueurs en meublé
1. Micro-BIC : des abattements réduits pour les meublés touristiques
| Type de location | Plafond de recettes | Abattement forfaitaire |
|---|---|---|
| Meublé touristique non classé | 15 000 €/an | 30 % |
| Meublé touristique classé et chambres d'hôtes | 77 700 €/an | 50 % |
| Location meublée longue durée | 77 700 €/an | 50 % |
Le constat est net : les meublés touristiques non classés (la majorité des biens proposés sur Airbnb) voient leur plafond chuter de 77 700 € à 15 000 € et leur abattement passer de 50 % à 30 %. De nombreux propriétaires basculent mécaniquement vers le régime réel, avec l’obligation de tenue d’une comptabilité plus exigeante.
2. La location longue durée reste épargnée
Sanctions renforcées : un arsenal dissuasif
| Infraction | Amende maximale |
|---|---|
| Défaut d'enregistrement | 10 000 € |
| Fausse déclaration ou faux numéro d'enregistrement | 20 000 € |
| Dépassement de la limite de jours autorisés | 15 000 € |
| Location sans autorisation de changement d'usage (résidence secondaire) | 50 000 à 100 000 € |
| Non-conformité DPE | 5 000 € + astreinte de 100 €/jour |
| Annonce non conforme sur les plateformes | 12 500 € par annonce (pour la plateforme) |
Copropriété : un nouveau levier d'interdiction
Autre nouveauté importante de la loi Le Meur : les copropriétés disposent désormais d’un levier simplifié pour interdire la location touristique dans leur immeuble.
Jusqu’ici, une telle interdiction nécessitait l’unanimité des copropriétaires — un seuil quasi impossible à atteindre. Désormais, la modification du règlement de copropriété pour interdire les meublés de tourisme (hors résidences principales) peut être votée à la majorité des deux tiers des voix.
Cette disposition s’applique toutefois sous une condition : le règlement de copropriété existant doit déjà interdire toute activité commerciale dans les lots à usage d’habitation. De nombreuses copropriétés parisiennes remplissent ce critère, et les premières assemblées générales ont d’ores et déjà voté de telles interdictions.
Les règlements de copropriété établis après le 21 novembre 2024 doivent par ailleurs mentionner explicitement s’ils autorisent ou non la location meublée touristique.
Quel impact sur le marché locatif à Paris ?
Pour les locataires à la recherche d’un appartement à Paris, ces nouvelles mesures constituent globalement une bonne nouvelle. L’objectif de faire revenir des logements sur le marché locatif longue durée commence à produire ses effets.
Plusieurs signaux sont encourageants :
- Un mouvement de basculement : certains propriétaires, face aux contraintes réglementaires et fiscales croissantes, choisissent de remettre leur bien en location classique plutôt que de maintenir une activité de location touristique devenue plus complexe et moins rentable.
- Un meilleur encadrement des pratiques : le croisement des données entre plateformes et services municipaux réduit le nombre de locations illégales, ce qui assainit le marché.
- Une incitation à la rénovation énergétique : les exigences de DPE poussent les propriétaires à améliorer la qualité de leur bien, ce qui profite à terme aux occupants.
Cependant, le marché locatif parisien reste structurellement tendu. La demande dépasse largement l’offre, et les nouvelles mesures ne suffiront pas à elles seules à résoudre la crise du logement. La réactivité et la qualité du dossier restent déterminantes pour décrocher un appartement.
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Sur un marché aussi compétitif, chaque détail compte : un dossier complet, une réactivité maximale et un bon accompagnement font souvent la différence entre obtenir un logement et passer à côté.
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